Le travail psychanalytique

 


Nous savons maintenant que depuis la naissance tout chez l’humain est expression, échange, interactivité, messages, signaux et communication; et que les souffrances que nous pouvons nous prodiguer psychiquement à nous-mêmes ou aux autres sont issues d’un discours souvent inconscient, une demande de reconnaissance, ou d'une absence, une absence de discours en retour, un discours qui reste à créer, à produire et à s’approprier. Ainsi, chez l'être humain qui parle, tout est potentiel.

Le rêve, le symptôme, le lapsus, l'acte manqué - la matière même de l’inconscient - tout cela est fait de messages qui ont été produits déjà, et qui ont pu valoir pour des sentences, ou encore de pertes réelles, d’événements inoubliables, traumatiques, sur lesquelles le sujet n’a pu mettre de mots.

 

Ce qui est entendu, à travers ce que dit l’analysant, c’est ce que le sujet ne sait pas qu’il sait, le message crypté dont il est porteur et qu’il s’agit de l’aider à lire, pour le lui restituer.

 

Comment se déroulent les séances ?

Au début il s'agit de l'écoute du blocage que rencontre le sujet qui a décidé de consulter. Ce sont les manifestations d'un dysfonctionnement psychique, d'une souffrance. Étape au cours de laquelle le problème apporté par cette personne est établi et reconnu. Elle s'exprime librement, à sa façon et on ne l'interrompt pas. Cette étape de présentation est bien entendu très importante, 

Viens ensuite le moment où le psychanalyste s'attache à comprendre plus précisément le problème qui occupe cette personne. Il peux poser des questions spécifiques, afin d'éclairer un point particulier si nécessaire, concernant par exemple le réel (ce qui ne peut pas se modifier), son environnement ou l’histoire du sujet.

A la fin de cette étape, nous savons si le dispositif analytique est approprié ou s’il faut s’orienter vers d’autres réponses.

Et si la psychanalyse est adaptée, encore faut-il que Philippe Raynal soit la bonne personne avec qui faire ce travail. Notre temps est précieux, il ne faut pas le gaspiller.

 

 

Ensuite commence la psychanalyse 

Du côté de l'analysant,  le travail consiste fondamentalement à dire ce qui vient spontanément à l'esprit sans rien omettre. Ainsi, vous pouvez vous couper vous-même au milieu d’une phrase parce qu’un souvenir apparaît par exemple, créant une suprise, un dévoilement, une révélation parfois. On portera un éclairage particulier sur les rêves, les lapsus, les actes manqués et les mots d’esprit. Toutes ces formations de l’inconscient qui apparaissent incompréhensibles. Une confidentialité totale et un dispositif d'écoute bienveillante de la part du psychanalyste professionnel a pour objectif  la mise en place de la règle de  l'association libre**. Il se doit de tout entendre, et  recueillir ce transfert pour entrer en résonnance avec l'analysant.  Le psychanalyste a été, et c'est incontournable, formé à cela.

Viendra dans un second temps le « retour » que fait le psychanalyste à l’analysant. L'interprétation. Mais il s'agit, avant de lui restituer ce qu’il « ne sait pas qu’il sait », de ne pas brûler les étapes.

 

"La psychanalyse est un art qui s'applique à comprendre et modifier des phénomènes irrationnels, mais c'est un art rationnel (...) Une psychanalyse est toujours une recherche, mais la découverte ne jaillit pas -ex nihilo ou des ténèbres de l'inconscient. L'interprétation se forme souvent par tâtonnements progressifs. "

Daniel LAGACHE

 

Car il y a un temps pour comprendre, et un temps pour conclure. C'est une étape essentielle et très délicate, car elle permet au patient de s'approprier le fruit de son travail.

 

*En 1896, Sigmund Freud invente la psychanalyse. Pulsion, inconscient, refoulement, sexualité infantile, inhibition... Ces mots qui nous sont aujourd'hui familiers, Freud ne les a pas inventés. Il a simplement révolutionné leur signification.

 

**L'association libre est la première règle fondamentale de la cure psychanalytique. Elle consiste pour l'analysant à exprimer les pensées qui lui viennent à l'esprit à partir d'un élément donné ou de façon spontanée, dans le cadre des séances analytiques.

 

SPECIAL CONFINEMENT

La psychothérapie de soutien entre dans le champ des psychothérapies d’orientation psychanalytique, bien que le dispositif soit un peu modifié en temps de crise. 

Toute psychothérapie ayant, en théorie, un "effet de soutien", elle peut constituer, dans une approche intégrative, une forme de psychothérapie qui participe à la réflexion sur les facteurs communs à toutes les psychothérapies, notamment en ce qui concerne les notions comme l'alliance thérapeutique, l''expression des émotions douloureuses (jusqu'alors évitées), le développement de nouvelles habilités, etc. .

Si la psychothérapie de soutien (d’orientation psychanalytique) peut également prendre en compte le symptôme, elle utilisera plutôt pour "agir" dessus indirectement, la psychologie spécifique à la psychanalyse - l'inconscient, le fantasme, la répétition, le transfert, les pulsions. Une attention particulière sera portée sur les défenses actuelles du moi ainsi que les défenses archaïques (clivage, déni et projections). la relation de transfert dans les enjeux de l'alliance thérapeutique, etc.

L'écoute sera active.

Grâce à la bienveillance neutre du récepteur, elle donne à l'émetteur des outils afin qu'il puisse s'exprimer et se dire en tant que sujet de sa situation. L'écoute active permet de voir en quoi et comment nous pouvons aider la personne (soutien). Il s'agit, par exemple, de reformuler les propos de son interlocuteur et de lui poser des questions pertinentes afin de l'accompagner et de le pousser plus profondément dans son processus de réflexion.

 

« Quand j'ai été écouté et entendu, je deviens capable de percevoir d'un œil nouveau mon monde intérieur et d'aller de l'avant. Il est étonnant de constater que des sentiments qui étaient parfaitement effrayants deviennent supportables dès que quelqu'un nous écoute. Il est stupéfiant de voir que des problèmes qui paraissent impossibles à résoudre deviennent solubles lorsque quelqu'un nous entend. »

— Carl Rogers, psychologue humaniste, créateur de l'écoute active, Le Développement de la personne, InterEdition, 1966