Questions/réponses

Depuis que je pratique  (2008), je reçois régulièrement des questions par le biais de mon site ou sur des forums, par mail ou sms. Je me propose ici d'éditer et de répondre à vos questions sur un probléme personnel ou pas, ou sur la pratique . Confidentialité absolue. Merci de me les envoyer sur la page contact.

 

 

Comment surmonter mon complexe d'infériorité intellectuelle ?

 

Bonjour,

J'ai 18 ans et je souffre depuis de longues années d'un complexe d’infériorité. J'ai souvent était moins bonne à l'école que mes camarades, cela ne m'empêchait pas de passer en classe supérieur, mais j'étais toujours pile dans la moyenne et ce en fournissant beaucoup d'efforts alors que beaucoup passaient largement sans travailler autant. Je me suis toujours dit "Tu n'as pas la chance d'avoir des facilités, il faut faire avec" et passais outre mes difficultés. J'ai eu mon brevet avec mention AB, mon bac S avec 10,5 de moyenne. Seulement voilà, il m'est devenu impossible d'avancer avec cette estime que je me porte sachant que je me suis engagée dans des études de médecine. Je n'ai pas eu ma première année, et je m’apprête à en entamer une deuxième. J'ai donc juger nécessaire, compte tenu du fait que même si la médecine me passionne je me sentais inférieure à mes amis qui avaient souvent un bien meilleur classement que le miens même en travaillant moins, de faire un travail sur moi-même pour passer au-dessus de ce complexe qui ne fait pas du tout bon ménage avec l'esprit compétitif que je suis censée avoir. Ces études me tiennent vraiment à coeur, j'aime avoir le sentiments de comprendre et de voir que je peux avoir de bonnes réponses. Seulement je suis en échec pour toute cette année ; je n'ai pas eu mon permis, je n'ai pas eu mon année, et pour couronner le tout, mon copain me quitte pour une autre (ce qui m'a d'ailleurs poussé à me teindre les cheveux et à vouloir refaire toute ma garde robe), sachant que c'est la deuxième fois que ça m'arrive. Comment pourrais-je avoir une bonne estime de moi-même si je ne suis pas assez bien pour quelqu'un ? J'ai l'impression de faire du sur-place en voyant tous les autres avancer joyeusement. Si j'en viens à publier sur ce site, c'est pour avoir une autre opinion que celle de mes ami(e)s qui me connaissent et qui me disent tous "Mais non voyons, tu es super intelligente, super gentille et jolie, tu as tout pour réussir" (ou même le fameux "un de perdu, 10 de retrouvés", cette phrase me met littéralement hors de moi), je n'y crois pas donc ça ne m'avance à rien, et il est bien connu que les ami(e)s disent souvent ce que l'on veut entendre. Or ce dont j'ai besoin c'est d'un vrai avis, d'une personne détachée, et extérieur. Mais ce dont j'ai besoin par dessus tout c'est d'une solution pour passer au-dessus de tout cela, car je la veux mon année, mais je ne pourrais pas l'avoir si je continue à me répéter inconsciemment "Tu n'as rien à faire ici au milieu de toutes ces têtes"... Je vous remercie à l'avance pour les réponses qui me seront données.

(J'habite sur Caen)

Justine

 

Bonjour Justine,
votre souffrance semble issue d'une inégalité, J’y lis une doléance, une injustice  sur la répartition des droits et des jouissances. Peut-être pouvez-vous repérer cela dans votre environnement familial et votre histoire. Mais la question qu'on peut se poser en retour est surtout celle-ci : suis-je vraiment uniquement destinée à être efficace, à entrer dans le système de mesure, destinée à produire (de l'intelligence ici) ? Est-ce uniquement ainsi que ça compte ?

Il est clair que vous êtes très lucide sur votre fonctionnement psychique et qu'il ne manquerait probablement pas grand chose pour que vous puissiez vous libérer de ce qui vous entrave.
Votre manière de présenter votre problème reflète une intelligence et une finesse évidentes. Les études ne sont pas forcément faciles pour tout le monde (pour diverses raisons) et il n'est pas rare par exemple, que des personnes avec un Q.I. très élevé aient du mal à l'école. D'autre part, réussir ses études n'est pas forcément un gage d'intelligence…
Vous l'avez compris, c'est sur votre estime de vous-même qu'il faudra travailler car la croyance que vous êtes inférieure conditionne votre comportement en société ou dans les épreuves (études, permis).


Bien à vous
P. Raynal




 

Être une proie?

 

Enfin extirpée d'une relation destructrice avec un homme violent psychologiquement et physiquement, je souhaite comprendre certaines choses.

Depuis que je suis loin de lui, ma vie va plutôt bien, mais j'ai une grande interrogation: quand j’étais avec lui , notre entourage me traitait mal aussi, et encore plus surprenant des inconnus à peine croisés: un coiffeur, un dentiste, des passants, des voisins de bus...


Comme si je portais une pancarte disant: allez-y traitez moi mal! Depuis que je ne vis plus avec lui, après une année , je ne rencontre plus ces soucis, mais dernièrement il est venu me voir me rendre des choses:( et les jours suivants rebelote , dans le bus un type m'a insulté gratuitement, le réparateur de vélo m'a parlé ouvertement avec mépris. comme si sa présence laissait une trace sur moi?

 

Elisabeth E.

 

Bonjour Elisabeth,
n'allez surtout pas croire que cet homme aurait des pouvoirs magiques et qu'il faudrait vous exorciser. D'ailleurs toute seule
Vivre avec une personne aussi destructrice a forcément une répercussion sur l'image que vous avez de vous même.

Le propre du comportement du dit "pervers" étant d'abolir votre subjectivité et votre désir propre, vous étiez sans doute réduite à l'état ambigu d'objet dont la parole est bafouée. La réponse qu'il apporte étant affirmée par lui comme la seule possible, vous vous retrouvez alors comme un enfant (maltraité ici) qui finalement, après que la relation "normale"et votre identité soient disqualifiées, n'a plus rien à dire. Le processus on le voit bien se ré-enclenche très facilement car il sait faire appel à une partie de vous même qui est probablement fragilisée.

Non, vous n'êtes pas, vous n'êtes plus "une proie", mais cette relation que vous avez entretenu pendant un certains temps avec un homme violent vous a certainement beaucoup marqué.
J'imagine que vous l'avez aimé et pendant le temps de cette relation vous avez dû vous adapter et "faire profil bas" pour être avec lui.
Ce n'était pas "écrit" sur votre visage..., mais quelque chose dans votre attitude devait montrer une certaine forme de soumission, à votre insu.

Le retour récent de cet homme dans votre vie, ne serait ce que pour un moment, à dû réactiver chez vous certaines émotions, et vous (re)mettre mal à l'aise, ou sur le qui vive.
C'est probablement pour cela que vous êtes devenue plus sensible (plus vigilante, aussi, peut être ?) à toute forme de comportement déplacé/agressif/maladroit : vous avez vu et avez été touchée probablement par tout ça plus que d'habitude.
Cette sensibilité exacerbée par la rencontre et les souvenirs qu'elle a ravivé passera avec le temps, je pense.

Je crois aussi que vous avez dû avoir beaucoup de force de caractère pour sortir de l'emprise de cet homme, et vous avez gagné une forme de conscience de la maltraitance qui vous aidera toujours à vous faire respecter dans votre vie.
Faites-le avec intelligence, sans rentrer dans des conflits inutiles : les comportements que vous décrivez sont ceux des personnes très mal dans leur peau, avec qui il vaut mieux pas s'engager dans des discussions inutiles.
Continuez à vous protéger en évitant toute relation proche et/ou intime avec des personnalités violentes ou manipulatrices (il y a aussi des apparents gentils qui peuvent s'avérer dangereux avec le temps).

 

Dépersonnalisation témoignage

Bonjour, quels sont les caractéristiques d'une dépersonnalisation ?

Denis

 

Bonjour Denis,

Une personne qui a vécu un phénomène de dépersonnalisation aura du mal à en parler, par définition.

Exemple ? Le lavage de cerveau opéré parfois par la télévision peut vous donner une idée de ce que c'est que la dépersonnalisation consentie, recherchée même, régulière et banale. Le sujet est capté par une image, comme happé. Il s'oublie, il est muet, sans pensée consciente. Il devient momentanément un objet et il n'y a plus de moi. Le "vouloir », le désir est ailleurs. La personne s'oublie.
Observez quelqu'un qui est totalement capté : il imite parfois les expressions des personnages qu'il voit sans s'en rendre compte, oui comme dans un miroir. Ensuite, (normalement)" il reviendra à lui", mais seulement s'il dispose des référents symboliques nécessaires ("je suis Denis" dans votre cas). C'est pour cela qu'il faut faire très attention au pouvoir attractif de la télé, et de certaines images sur les enfants.

Nous passons notre temps à trouver dans l'autre des signes de ce que nous sommes, et à nous en servir comme d'indice de ce que nous devons faire. Cette manière de se rapporter à l'autre comme à un modèle ne se confond pourtant pas avec une imitation : elle échappe pour la plus grande part au sujet qui la réalise. Ce phénomène d'identification à l'autre nourrit en réalité une certaine image de nous-même, ce que la théorie appelle le moi, et l'impression qu'elle constitue l'élément stable qui assure notre identité à nous-même au fil du temps.

On peut constater des formes de dépersonnalisations lors de l'usage de drogue, avec passages hallucinatoires, où se joue donc également une captation totale par l'image ou le son.

On peut surtout constater la re-personnalisation au réveil, après le rêve, qui correspond aussi à une sorte d'errance du moi.
Par exemple il serait amusant de compter le temps que met le Pape avant de revenir à lui au réveil, et de se dire : Ah mais c'est vrai, je suis le Pape !

Bonne journée

P. Raynal

 

Couple : Comment faire confiance et avoir une relation durable avec un homme ?

 

 

Bonjour,

J'ai 26 ans et je suis seule depuis 6 ans aujourd'hui, après m'être séparé de mon ex car je ne l'aimais plus (divorce de mes parents à ce moment là). Mon père a trompé ma mère et je l'ai su avant elle, j'ai gardé ce secret pendant un an et j'en ai beaucoup souffert. Mon père m'a beaucoup déçu après par ses réactions envers moi (pour diverses raisons) et aujourd'hui, depuis un an nous ne nous parlons plus. Je me fais draguer, j'embrasse des hommes pour une soirée, mais cela ne va pas plus loin (j'ai beaucoup de principes). Je tombe amoureuse d'hommes mais je n'ose pas les aborder et cela reste dans mon imaginaire... Pourtant dès que quelqu'un s'intéresse à moi, je fuis et refuse... Je comprends que j'ai beaucoup de mal à faire confiance aux hommes du fait de mon passé, et je n'arrive pas à me faire violence pour me bouger de ce pas...

Qu'ai-je et comment faire pour débloquer cela ?

 

Lucie R.

 

 

Bonjour Lucie,

 

Ce qui est intéressant dans votre écrit c'est qu'il y a deux parties distinctes :

1. celle sur vos parents et votre père

2. celle sur vos relations aux hommes

 

Comme si il existait un lien entre les deux mais que votre esprit se refusait à le faire.

 

il faudrait sans doute éclaircir ce "du fait de mon passé" qui reste flou, même si on se doute du rapport avec le secret entre vous et votre père. En tous cas vos relations amoureuses sont influencées par le cas que votre père fait de "ce que c'est qu"être une femme". Vos principes (d'où les tenez-vous ?) sont peut-être une façon de tenir bon et de réguler les choses, de les ordonner et les anticiper, face à une toute puissance considérée comme dangereuse et peu limitée. Il faudrait créer un lieu d'où votre parole serait légitime, et médiatiser ainsi votre questionnement et vos déceptions, pour trouver une nouvelle position d'être.

 

P. Raynal

 

 

 

 

 

Méthodes : divergences

 

 

Bonjour,

 

 

Actuellement étudiant en psychologie, je m'interroge sur les types de thérapies existantes.

 

Une de mes professeurs avance qu'il est impossible de mélanger plusieurs méthodes à la fois et que c'est inutile de travailler un jour sur le moi et la séance d'après sur l'inconscient, qu'il est inutile de vouloir soigner le symptôme en lui-même car c'est simplement la manifestation d'un conflit psychique.

 

 

Suivant moi-même une thérapie de ce genre (un mélange de méthode), je m’interroge sur son efficacité. J'aimerais l'avis de professionnelle sur le sujet.

 

 

Merci

Patrice M.

 

 

Bonjour Patrice,

Les histoires parallèles de la psychologie et de la psychanalyse nous rappellent que les méthodes et théories psy ont souvent emprunté les unes aux autres, que les frontières entre elles ont été poreuses, mais il est vrai aussi qu'il convient de ne pas mélanger les champs, les concepts et les dispositifs, au risque de sombrer dans le verbiage vaseux et stérile. 

 

Voici mes éléments, que vous pourrez comparer avec ceux des autres champs. Il va sans dire que j'y défends ce qui vient de mon expérience et de mon parti pris clinique.

 

En grande partie la psychanalyse à laquelle je me réfère se pense en terme de structure. Il est quand même bien loin le temps où l'on imaginait l'inconscient comme un gros sac obscur et profond, un "autre" en nous même, détenteur de vérités effrayantes.

 

Nous savons qu'un symptôme une fois" résolu" par l'approche comportementaliste (le symptôme y est traité en surface, indépendamment de la réalité psychique du sujet) reviens à coup sûr sous une autre forme par un effet de répétition et de déplacement. La structure psychique, le système, est lui toujours à l'oeuvre, et c'est cela que l'analyste considère.

 

En psychanalyse nous considérons que le symptôme fait donc partie d'un tout, et cela change beaucoup de choses car par exemple pourquoi retirer immédiatement un symptôme phobique à un patient si celui-ci lui sert de béquille pour tenir debout depuis longtemps ? Nous pensons qu'il est préférable d'analyser les structures inconscientes à l'oeuvre plutôt que d'opérer une orthopédie du moi, souvent (pas toujours c'est vrai, comme avec certaines méthodes en Sophrologie existentielle) normative et ne tenant pas compte de la mécanique inconsciente à l'oeuvre chez le sujet. Effectivement cela prend plus de temps et il est vrai que nous vivons le temps de l'immédiateté et du manque de patience. Mais le jeu en vaut la chandelle s'il s'agit de jouir de sa vie.

 

P. Raynal

 

 

 

 

 

Couple : est-ce que je prend la bonne décision ?

Bonjour,


Je suis complétement perdue je pense être sûre que je n'aime plus mon conjoint, nous avons deux enfants et cela fait 11 ans que nous sommes ensembles.


Mais, en réalité, il me dit qu'il m'aime et ne pas vouloir me perdre. Bref cela me retourne le cerveau, il me propose de vendre la maison car je veux me rapprocher de ma famille. Comment être sûre de moi, j'ai peur de me tromper.

Merci

Marguerite L.

 

 

 

Bonjour Marguerite,

 

Vous êtes trop prise par la situation pour avoir une vision claire. 

Une bonne décision ne se traite pas en quelques lignes, d'autant plus que l'on n'en connaît pas votre contexte et cela ne dépend pas du thérapeute de savoir si la décision est bonne ou pas.

Justement votre indécision doit pouvoir être verbalisée avec toutes les autres questions, les pour et les contre, qui vont avec. Et cela auprès d'un psy qui saura vous aider à peser vos arguments sans jamais vous influencer.

 

LA bonne solution est en fait celle que vous serez en mesure d'assumer

 

Ma question préalable serait : y-a-t-il un désir autre, suffisamment attrayant pour remettre cet attachement en cause ? A mon avis il faut évaluer tout cela, non seulement d'un point de vue matériel, mais aussi existentiel.

 

Je crois que vous avez raison de réfléchir, et d'une certaine manière, vous avez peut-être déjà pris votre décision, mais qui vous soutiendra ?

 

P. Raynal

 

 

 

 

 

 

Attachement, insécurité ou jalousie ?

 

 

Bonjour,


À chaque fois que je suis amoureux on peut dire que je suis aussi malheureux. Je m'explique : les émotions que je vis quand je suis dans l'étape passionnelle de la rencontre amoureuse me procurent de l'excitation et de la joie, bien sûr, mais très rapidement la jalousie et son cortège d'émotions négatives (haine, colère et tristesse), comportements tout aussi négatifs (suspicion, doutes) et angoisses m'envahissent.


C'est invivable, malgré ma conscientisation de mon comportement, rien n'y fait, ces angoisses, ces peurs d'être quitté, peur de la rivalité me dévorent. Je ne peux aimer sans douter et haïr en même temps. Je me compare sans cesse à d'autres hommes et, bien sûr, me dévalorise.


Comment arriver à m'accepter et à me sentir en sécurité dans mes relations amoureuses et amicales ?


Merci infiniment pour vos conseils.

 

Eric

 

 

Bonjour Eric,

 

Cette ambivalence porte en elle les fruits de la passion. On peut déceler cela sous un autre angle, celui où se révèle le sens des pulsions, jusqu'à lors vitales et destructrices mélangées, celui aussi où l'on se sent tellement vivant, submergé par son imaginaire, se vivant comme l'objet impuissant de ces passions. En avoir conscience est une chose, se passer de son bénéfice en est une autre...

 

P. Raynal

 

 

 

 

 

 

Arrêt brutal d'une psychothérapie

 

J'ai suivi pendant 8 ans une analyse et j'ai été tellement frustré par le manque de réponses que j'ai reçues que j'ai arrêté brutalement sans avertir ma psy. La frustration était tellement forte que j'avais continuellement des idées suicidaires. Aujourd'hui je vois un autre psy, une fois par mois, et qui n'est pour moi qu'un prescripteur de médicaements. Mon ancienne psy ne me laissait qu'avec des interrogations et je lui en veux beaucoup. Est-ce normal ?

 

Fred K.

 

 

Bonjour Fred,


Oui c'est peut-être normal. Je trouve juste étonnant que vous ayez été obligé d'arrêter brutalement sans prévenir, mais chacun sa façon de rompre le cordon après tout. Vous n'êtes pas resté huit ans dans une secte n'est-ce pas ? Alors on peut voir ça autrement je crois.

Peut-être étiez-vous tout simplement arrivé au terme de votre analyse ? Il est fréquent que ce moment déclenche une forme de dépression, parce que il s'agit d'accepter la perte, faire le deuil de certaines illusions, pour entrer dans la vie réelle et non pas se complaire sur un divan ou dans une parole qui finalement tourne trop en rond - jusqu'au non-sens - et suivre enfin son désir (pulsion, intentionnalité… appelez ça comme vous voulez). Cette dépression passagère une fois surmontée indique le moment de conclure et de commencer à vivre votre vie à vous, délivré de fixations infantiles. Et c'est finalement une très bonne nouvelle, vu sous un autre angle, non ?

La vraie aventure commence, le premier jour du reste de votre vie, mais aucun psy du monde ne le décidera à votre place et vous le savez. Alors déprimant oui, ce cap à passer, une petite mort, symbolique, suivie d'une renaissance, une existence débarrassée de ses oripeaux. Mais… il faut en faire quelque chose, et c'est bien angoissant.

Donc le problème pourrait être que vous ne savez pas quoi faire de ce désir, car ce n'est pas un désir extérieur à vous - pour une fois, - tout tracé. Il faut l'élaborer. Un autre psy vous aurait peut-être aidé à le construire, à faire la synthèse de ce faisceau de questions en suspend, mais là il faudrait en savoir plus…

 

P. Raynal

 

 

 

 

 

Quelle therapie pour traiter les phobies?

 

 

 

Bonjour

Quel type de thérapie faut-il pour traiter une phobie des animaux chez un enfant de 12 ans ?

Merci d'avance

Catherine S.

 

Bonjour Catherine,

Connaissant l'origine de la phobie, même si les thérapies cognitivistes paraissent plus courtes et semblent sur le coup efficaces pour effacer un symptôme, elles ne règlent rien en profondeur : bien au contraire !
Il n'y a définitivement que la psychanalyse pour régler durablement les symptômes névrotiques.

Mais une fois qu’on a dit ça… il faut donc développer un peu.
Je sais bien que l'hypnose en séances courtes connaît un engouement en ce moment, et il faut reconnaître quelques réussites semble-t-il. Mais ceux qui en ont fait l'expérience savent que les effets de la psychanalyse, bien que plus longs à se déployer, moins spectaculaires, sont plus radicaux et donc plus durables.

Un travail de parole est utile tout simplement parce que l'être humain est fait de paroles, et que c'est ainsi qu'il se structure pour affronter la réalité. Ainsi l'irrationnel se réduit et le monde à affronter devient un peu plus ordonné...

De part mon expérience - je conseille donc à un parent de ne pas trop s'inquiéter d'une phobie infantile si elle n'est pas trop invalidante, car elle peut s'avérer nécessaire - oui car l'objet phobique est repéré depuis plus d'un siècle pour ce qu'il est : un signal d'alarme, un avant poste face à une angoisse bien plus effrayante, ce qui fait qu'aussitôt éliminé un objet phobique est remplacé.

Si une thérapie s'impose, alors il vaut mieux choisir LA bonne personne parce que sinon votre enfant pourrait investir encore plus dans un nouvel objet phobique,et par manque de confiance face à un autre dont le désir de puissance corrective est trop angoissant, la phobie pourrait donc s'aggraver.

Toute thérapie par la parole avec un professionnel aura un effet bénéfique sur une phobie. Ce qui compte c'est de trouver le bon thérapeute, la bonne personne. Les phobies chez les enfants sont courantes et passent la plupart du temps. Lorsqu'elle persistent chez l'adulte la psychanalyse permet une réelle abrasion des symptômes.

P. Raynal

 

 

Aide pour dépression réactionnelle

 

Bonjour

malgré une prise d'AD, un suivi psy je n'arrive pas à sortir d'une dépression réactionnelle.

Je sors d'une rupture très douloureuse, tout tourne en boucle, notamment la relation toxique que j'entretenais au milieu d'un couple père et fille.

Mon médecin m'a parlé de climat incestueux et que j'aurais dû faire un signalement. Je n'arrive plus à m'accepter, je me sens salie, souillée, épuisée. Que puis-je tenter pour remonter la pente ?

Merci de votre aide.

Carole

 

Bonjour Carole,

Votre douleur est perceptible dans les propos de votre message. Vous semblez épuisée par votre rupture douloureuse et ce malgré ou justement du fait d'une relation toxique et "incestueuse" selon votre médecin.

Pour ce qui est de ce couple incestueux père-fille dont vous parlez, impossible pour moi de donner une appréciation bien sûr. Il ne faut pas négliger l'aspect fantasmatique fascinant et morbide de cela.
Il faudrait en savoir un peu plus sur la temporalité des événements. De votre propos, je déduis qu'ils sont peut-être récents et que la relation toxique, elle, a duré.

Si vous vous sentez en confiance avec votre psy, vous pouvez demandez à le/la voir de manière plus soutenue. Dans les moments de crise comme cette douleur que vous évoquez, il peut-être bien de voir le/la psy deux fois par semaine. C'est un soutien, un espace pour vous.

Pour sortir de la dépression le chemin est long. Vous avez effectué une démarche de prise en charge à la fois thérapeutique et médicale ce qui est déjà courageux.
Pour ma part je vous encourage vraiment à continuer la thérapie dans laquelle vous êtes engagée, et à essayer d'accepter que pour le moment en effet vous ne voyez pas d'amélioration. Peut être en parallèle pourriez vous essayer une technique de détente visant à libérer les émotions? c'est un travail différent et à la fois complémentaire... je pense par exemple à la sophrologie.


D’autre part, dans une certaine limite, il est possible de faire confiance à sa propre dépréssivité (Il faut lire Pierre Fedida "des bienfaits de la dépression") c'est à dire à sa capacité à supporter la dépression comme une épreuve à traverser, mais pas toute négative, qui nous permet de faire quelque chose avec la Perte. Tout cela avec un soutien bien sûr.

Cette faculté dépressive a son utilité, comme la fièvre est le signe d'une défense de l'organisme. Nous avons tous cela en nous, mais comme tout système immunitaire, il peut avoir des dysfonctionnements. Avec l'aide d'un psy expérimenté, vous devriez surmonter cette épreuve.

Je dis cela avec des pincettes : la prise d'anti-dépresseurs ne doit pas être un remède avec des prises massives, mais juste un palliatif momentané (sauf dans certains cas extrêmes) car les AD peuvent entraver le système..

Gardez courage.

P.Raynal

 

 

 

Thérapie en ligne ?

 

Bonjour, que penser des thérapies en ligne ou par téléphone ? Arnaque ou réelle solutions pour les personnes qui ne veulent pas se déplacer ?

 

André D.

 

 

Bonjour André,

Il est difficile de vous donner une réponse tranchée car cela dépend de beaucoup de facteurs tels que:

- la localisation géographique. Le patient est-il véhiculé ou a t-il un moyen de transport pour se déplace ou non?

- L'âge. Il m'arrive de me déplacer au domicile dans de rares cas, pour les personnes allitées qui ont besoin d'un accompagnement thérapeutique dans la maladie ou dans la fin de vie.

- L'emploi du temps. (et encore cela se discute)

Mon point de vue est le suivant :

Aucune thérapie en ligne ne peut être d'une aussi bonne qualité que lorsque le patient se déplace. Pourquoi?
En dehors des exceptions citées ci-dessus, la thérapie ne peut être efficace que si le patient s'engage. Et cela passe par différents éléments, dont le fait de trouver un créneau dans son agenda et de se déplacer.

Par ailleurs, même s'il y'a une webcam, la relation thérapeutique prime sur toutes les techniques, outils et approches. Or il ne me semble pas qu'une relation authentique, congruente en emphatique puisse correctement se mettre en place "cachée" derrière un ordinateur. Le fondement même de la relation thérapeutique étant l'AUTHENTICITE. Le rôle de la thérapie est également d'avoir un moment pour soi où l'on s'accorde le droit de ne pas être enfermé dans nos habitudes et notamment dans un confort de temps et de technologie.


Enfin, il y a la question du cadre, du lieu. Si le patient est chez lui, il lui sera probablement compliqué d'aborder librement certaines choses. En raison de la présence dans la pièce à côté du compagnon, de l'entourage, mais plus simplement du fait d'être dans l'environnement qui peut être anxiogène ou contribuer à la problématique de la personne, etc....

Pour conclure, je ne peux pas dire que la thérapie en ligne soit inefficace et inutile, car je pense que lorsqu'il n'y a pas d'autre moyen pour le patient, cela peut s'avérer salvateur. Tout le monde a le droit à l'accès à la thérapie. Cependant, dès lors que le patient a le choix il est préférable de faire une thérapie dans un cabinet de consultation.

De plus je note que dans votre mail vous ne dite pas "pour les personnes qui ne PEUVENT pas se déplacer" mais"pour les personnes qui ne VEULENT pas se déplacer". Et à mon avis toute la problématique réside dans cette première intention, car l'on peut alors se questionner sur l'importance que la thérapie a pour une personne qui ne tient pas à se déplacer...
Une thérapie, c'est une rencontre humaine avant tout, un moment de partage dans l'empathie.

Je vous raconte cette expérience d'un patient par Skype (depuis l'Ile Maurice). Je dois dire qu'effectivement l'imaginaire s'y développa copieusement, mais la dimension réelle manquait et ce déséquilibre m'est apparu plutôt dangereux. Vous êtes là et vous n'êtes pas là en même temps. Quelque chose ne peut se traiter "en présence" . Du coup le transfert s'en trouva très difficile à manier. De plus le système sonore et visuel reste médiocre et les petites choses à la frange, si importantes à relever : respirations, inspirations, sons divers, petits gestes, balbutiements etc .. restent difficiles voire impossibles à percevoir avec cette technologie. Donc pour ma part, je ne le préconise que pour une prise de contact, un soutien exceptionnel, éventuellement pour quelques conseils généraux d'ordre psychologiques. Il ne faut pas confondre conseil, écoute, et "thérapie"...

P. Raynal

 

 

 

Éreutophobie

 

Bonjour,

Pouvez-vous sérieusement m'aider à vaincre mon éreutophobie sévère (peur de rougir en public) ?

Merci de votre réponse.

 

Arsène V.

 

 

Bonjour Arsène,
il ressort que la phobie, ce trouble, est une alarme, utile (et devenue invalidante) face à l’autre sur-puissant, infini et inquisiteur. Le passage d'un intérieur douillet et rassurant à un monde bizarrement ordonné et effrayant nous rappelle à quel point nous n’y sommes pas bien armé.
La psychanalyse a de bons résultats, un effet "de surcroit" sur ce trouble, qui trouve à se convertir dans le corps.

P. Raynal

 

 

Attachement souffrir d'aimer par peur que ça se termine

 

Bonjour

J'ai 22 ans et ai mon premier copain depuis 3 mois.
Tout se passe très bien entre nous. Mais pourtant une partie de moi est sur le qui-vive, je n'arrive pas à être totalement épanouie j'ai peur de trop m'attacher et que finalement un jour notre relation prenne fin.

J'ai toujours eu peur des séparations qui me font beaucoup souffrir dans tous les domaines
- Ça a commencé à mes 2 ans et demi avec le divorce de mes parents, j'ai ensuite très peu vu mon papa les premières années qui ont suivi.
- puis avec la meilleure amie d'école primaire qui a déménagé dans une autre région à notre entrée au collège.

En fait depuis j'ai peur de m'attacher aux gens car ça fait trop mal quand la relation s'arrête ou que la vie nous éloigne.

J'aime beaucoup mon copain, mais ça me fait mal en même temps. Et je n'arrive pas à profiter pleinement de notre relation même si j'arrive à ne pas le montrer.

Comment puis-je travailler sur mes peurs de l'attachement ?

Désolée je ne sais pas si ma question est très claire.

Merci aux personnes qui me répondront
Jade

 

 

Bonjour Jade,

 

pour une personne dite "adulte", il est déjà difficile d'accepter que les choses ne durent pas. Forcément il y a des deuils et des pertes, nous le savons c'est inéluctable. Mais si en plus ces événements actuels nous renvoient à des pertes insurmontables et vécues de façon traumatiques (car nous n'avions pas encore les moyens de les symboliser) de l'enfance, alors le signal d'alarme s'allume, le passé fait retour avec ses énigmes et ses angoisses.

 

Alors oui il faut laisser libre cours à vos interrogations et libérer votre imaginaire et vos affects sur ces sujets avec un psy professionnel. Cela permettra un symbolisation salvatrice. Ce qui pourrait éventuellement s'opposer à cela, ça serait le fait que justement le deuil n'aura pas été fait. Que vous n'ayez pas accepté les séparations/abandons (il y a toutes sortes de façons de refuser la réalité). ce qui ferait que vous soyez hanté par ces absences. Il faudrait alors analyser ces défenses dans un premier temps.

 

Bonne continuation et merci pour ce partage.

 

P.Raynal

 

 

 

 

Addiction à la pornographie

Bonsoir,

J'ai 22 ans et je suis addict à la pornographie.

J'ai vu mon premier film pornographique à l'âge de 8 ans environ, mon père avait laissé trainé une K7 dans le magnétoscope et j'étais seul chez moi. C'était très choquant, sale, dérangeant mais aussi intrigant car je me posais des questions sur la sexualité.

Ça ne m'a pas dégouté de la pornographie, loin de la, et j'ai toujours recherché ces images ensuite ...

Je suis dans l'addiction depuis 4 ans environ. Avec internet et les sites gratuits il est possible d'avoir un contenu illimité, rapidement et avec des catégories souvent très "trash"

J’essaye de me sevrer régulièrement et je ressens des symptômes de manque comme l'insomnie, des douleurs, des flash d'images qui reviennent, des pensées qui m’obsèdent ... J'ai tenu 15 jours maximum mais après j'y retournais et je perdais mon contrôle. Ma volonté grandit au fur et à mesure des rechutes.

Je suis quelqu'un de très réservé et introvertis. J'ai suivi une thérapie durant cette année scolaire avec une psychologue mais je n'arrivais pas à parler. Comment faire quand on a tout intériorisé pendant 22 ans ?

Je sais que l'addiction cache quelque chose de plus profond. Je penses souvent à mon passé et, comme pour trouver la clé qui me permettrait d'aller mieux, j’essaye d'analyser tout ça. Je repenses à l'alcoolisme de mon père, aux violentes disputes entre mes parents. Je vois aussi des situations plus concrètes et des "scènes" blessantes de mon passé que je peux revivre dans ma tête.

Je ne suis pas capable d'avoir des relations longues et stables. Je vois les femmes comme des objets sexuels, tout me ramène à la pornographie et je recherche à reproduire ce que je vois dans les films.

L'année prochaine je quitte mon cocon familial pour j’espère enfin lancer ma vie.
J'aimerais savoir si vous êtes confronté à ce genre de problème et si il était connu ou relativement méconnu ?
Je suis conscient que j'ai besoin d'aide et j'aimerais consulter mais je ne sais pas si je dois voir un psychologue, un sexologue, un psychothérapeute... Je suis un peu perdu.

Merci d'avance de vos réponses,

Eden

 

 

Bonjour Eden,

Ce sujet est en réalité encore assez tabou en France, malgré la fausse liberté de ton qui s’est établie ces dernière années. Donc merci et bravo pour votre courage.

Le sexe c'est le sexe! comme la bouffe c'est la bouffe. si vous voulez un petit plus, il faut y mettre du désir, ce que peut-être vous vous refusez, sans doute fasciné enfant par l'acte dénué de sens symbolique et affectif.

Vous avez été confronté à des images génératrices de sensations que votre jeune être ne pouvait pas encore élaborer et comprendre. Les traces sensorielles sont puissantes et faciles à retrouver avec le matériel qui nous est mis à disposition sur le web.

Ce phénomène mérite une attention particulière d'autant qu'en terme de sexualité, il n'y a pas de règle, pas de norme, pas de normalité. Il n'y a que des vies particulières et des individus qui font au mieux avec leur histoire et leur environnement (humain, social et professionnel). Une addiction sert toujours d'écran à une grande souffrance (ce qui a pu être paradoxalement le vécu d'un petit garçon de huit ans face à ces images).

Mais il ne faut pas négliger que cette dépendance s’est installé sur font d’une curiosité eu égard à la sexualité. Soit la curiosité à l’origine de toutes les curiosités !

Ce qu’il vous faut faire est de rouvrir ce questionnement, sur la différence des sexes, sur le rapport sexuel. Ce qui passera par l’analyse de la jouissance en cause pour vous dans cette quête sans fin d’une jouissance première.
Cette rencontre si précoce avec le sexe dans son aspect hyper-réaliste marque un début traumatique, vous le montrez très bien. Vous décrivez cette grande excitation originelle, sidérante et violente pour un gamin, indicible, avec sa part de non-sens absolu. Cette question fait retour, oui répétition, pour ré-actualiser cette première fois et tenter de l'intégrer au psychisme. La jouissance creuse ainsi un sillon, comme pour le lit d'un fleuve. Alors pourquoi ce fleuve pulsionnel prendrait-il un autre lit ?
Vous pouvez tenter de vous éduquer, de trouver en vous ou ailleurs une force capable de réprimer, de limiter votre jouissance, cela est très jouable.

Mais avant cela un travail analytique serait nécessaire pour d'abord d'un point de vue économique évaluer les forces en présence, ensuite restaurer une possibilité d'imaginaire avec l'autre sexe, vous remettre en selle par un travail de parole et de créativité, qui seules permettent de construire une relation vraiment humaine.

Bon courage.
P. Raynal

 

J'ai l'impression d'être une sexe-addict, comment faire ?

 

 

J'ai l'impression d'être une sexe-addict, je vais trop vite dans mes relations intimes.

Je finis toujours au lit dès le premier soir et mes relations ne durent jamais. Je voudrais une relation sérieuse... Comment faire ?

Céline

 

Bonjour Céline,

on parle d’addiction sexuelle plutôt pour une fréquence anormale des relations sexuelles et une souffrance lorsque cela n'est pas possible.
Dans votre cas je pense que vous n'êtes pas sex-addict mais en recherche de tendresse.
Il est question ici de savoir pourquoi vos relations ne durent pas (peur de nouer une relation durable, choix d'un partenaire inadapté, etc...)
Vous semblez être dans ce que l'on appelle la répétition.
A mon avis la question se trouvant dans le "sérieux" que pourrait avoir une relation (votre souhait énoncé ici), on peut tenter d'en déduire dans ce contexte que les adultes sont sérieux (eux), une femme "sérieuse" un homme "sérieux", qu'est-ce ? Une (future) mère et un (futur) père ?

Ce cap à passer demande un renoncement, peut-être celui justement de devenir sérieux et de prendre les choses en main pour le futur. Un enfant lui, reste un objet (d'amour on va dire) dans le présent , pas sérieux, joueur, séduisant...libre (rares pourtant sont les enfants qui se disent libres. Au contraire ils se plaignent souvent de devoir obéir) ?

Peut-on être un enfant et être sérieux à la fois ? Est-il possible de prendre du plaisir, de se réaliser et de jouir de la vie tout en étant "sérieux", c'est à dire d'avoir une parole qui puisse tenir.

Au regard de cela, sur le plan économique il faudrait que vous puissiez évaluer quel est votre "gain" dans la relation sexuelle. Est-ce dans un plaisir du coït (ce serait déjà pas mal finalement)? Le fait d'être l'objet du désir d'un homme vous comble-t-il dans ces instants ? Quelle est votre valeur (de femme) dans ces moments de jouissance, et surtout juste après ? Et la tendresse (…) ?

Vous voyez votre questions soulève d'autres questions. Je résumerai ainsi :Qu'est-ce qu'être une femme...sérieusement ?

Pour savoir le sens de ce qu'est "être une femme" il faut s'engager dans la parole parce que seule la parole donne du sens et articule le désir, donc le futur. Or, la parole "sérieuse", qui la détient selon vous ?...

Bien à vous
P. Raynal